20033. Au coeur de la bioéthique
XXVIII, 3 n° 167 mai-juin-2003 La réflexion bioéthique substitue à d’irréductibles oppositions de valeurs une recherche pratique du meilleur compromis pratique possible. Mais à trop dévaluer la tristesse gagne. De la fécondation à la mort, toute existence humaine est, de manière inconditionnée, une présence réelle et entière qui sollicite notre coeur. Cette présence n’a pas de valeur, mais un sens. Plus encore que le respect, il requiert notre présence, la présence de notre coeur. Acheter ce numéro
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Écrit par Nicolas AUMONIER
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éditorialOù est le coeur de la bioéthique ? Sa pratique est pluridisciplinaire et pluraliste Certains de ses théoriciens, utilitaristes ou lointainement kantiens, élaborent une réflexion qui ne suffit pas toujours à déterminer un énoncé éthique. La notion de présence d'humanité entière peut éclairer nos choix.
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Écrit par Olivier BOULNOIS
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LA BIOÉTHIQUE COMME PROBLÈME Dans son dernier livre, le philosophe allemand Jürgen Habermas analyse les conséquences politiques et morales de certaines des directions des recherches scientifiques actuelles. La possibilité de distinguer entre des embryons in vitro qui seraient réimplantés et d'autres qui deviendraient des objets d'expériences établit une rupture d'égalité qui ruine la validité d'un contrat social fondé sur la notion de sujet libre, puisque ce dernier ne l'est plus. La vie déborde le fantasme de sa maîtrise totale, et requiert un fondement de l'éthique plus solide que les simples limitations consenties par des sujets libres.
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Écrit par Tugdual DERVILLE
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Plusieurs pratiques (assistance médicale à la procréation, clonage, expérimentation sur l'embryon) posent la question des droits fondamentaux de l'être humain. L'espace de réflexion bioéthique semble avoir été inventé pour rendre acceptable la subordination du droit aux pratiques - ou aux fantasmes ? - scientifiques L'attention aux plus faibles devrait permettre à la bioéthique de se libérer des contradictions qui la paralysent, et de recommander un respect effectif de l'être humain.
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Écrit par Carine CHAIX-COUTURIER Isabelle DURAND-ZALESKI
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SITUATIONS DE LA BIOÉTHIQUE En fonction des paramètres imposés par le commanditaire de telle ou telle étude, le calcul des coûts de prise en charge d'une personne atteinte de trisomie 21 varie, selon les auteurs des études, d'un bénéfice à un lourd déficit, ce qui montre que la prise en compte de ces paramètres relève d'un choix politique.
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Écrit par Philippe GARABIOL
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Cet article prend un relief particulier pendant la discussion de la révision de février et mai 2011 aussi est-il mis en ligne complètement. Le projet de loi actuellement discuté (en 2003) exprime quelques grands refus (refus du clonage reproductif, de l'appropriation privative des séquences de gènes par le brevet, de discrimination des individus par leurs caractéristiques génétiques), quelques prises de positions temporaires (refus temporaire du clonage thérapeutique, autorisation temporaire d'expérimentation sur les embryons surnuméraires..), rappelle les valeurs de solidarité dans le domaine des greffes, et refuse une conception instrumentale de l'assistance médicale à la procréation. Tel est l'état de la traduction juridique actuelle du concept de respect.
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