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ÉDITORIAL ––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––––7 Jean-Robert ARMOGATHE : La seconde venue du ChristAvec l’Ascension, le Christ retourne vers le Père. Mais il annonce sa nouvelle venue dans la gloire. Il convient de préciser les termes utilisés (Parousie, millénarisme, chiliasme...) qui regroupent la venue, le jugement et l’établissement du Royaume qui n’aura pas de fin. Cette seconde venue est à la fois le dernier mystère de la vie de Jésus, et celui qui les récapitule tous. THÈME _______________________________________________13 Pavel Vojtéch KOHUT : La vie chrétienne et l’attente de la ParousieAttendons-nous pour de bon la seconde venue du Christ ? La Parousie, dans la vie quotidienne des chrétiens, semble oubliée, voire abandonnée complètement. Pour quelles raisons ? Au-delà des difficultés théologiques, historiques ou psychologiques, le principal obstacle à notre attente de la Parousie n’est-il pas notre carence à espérer et à aimer vraiment ? 27 Peter HENRICI : Quand reviendra-t-Il ? Réflexions philosophiques sur la date de la ParousieIl ne s’agit pas de fixer la date de la venue du Christ, dont les Écritures affirment l’imprévisibilité, mais de redonner un sens à cette seconde venue, qui devrait être, pour le chrétien, aussi certaine qu’elle est imprévisible. Les principales réflexions philosophiques sur l’essence du temps, ainsi que sur la différence entre le passé et le futur, permettent de souligner que l’attente du Christ devrait orienter la vie du chrétien en une attente fervente et vigilante, en un espoir que le temps ne se conclura ni par ma mort propre ni par l’anéantissement de l’humanité. 38 Cristian BADILITA : Le retardement de la fin du mondePourquoi le Christ fait-il attendre si longtemps sa seconde venue ? Soulignant les difficultés de lecture de la deuxième épître aux Thessaloniciens, l’A. souligne que le chapitre 2 de cette épître se trouve à l’origine d’une considérable littérature exégétique aussi bien chez les Pères de l’Église que chez les biblistes modernes, et développe une réflexion sur les raisons théologiques du retardement de la Parousie. 49 Anton ŠTRUKELJ : La venue du Seigneur dans l’EucharistieL’Eucharistie est, ici-bas et dans le temps, le centre de la Parousie : invoquer l’Esprit sur les offrandes, nous permet d’appeler le Seigneur et d’adorer sa Présence comme anticipation de sa venue. 57 Helmut HOPING : Lorsque tomberont tous les masques et seront dévoilées toutes les injustices.À propos du jugement de Dieu sur les hommes. La justice divine est instrument de salut, elle en est même une condition. La « colère de Dieu » est l’expression de son amour. Pour penser le lien – et la différence– entre jugement particulier et jugement général, il faut supposer que le temps de l’homme et l’éternité de Dieu s’interpénètrent grâce à l’Incarnation du Fils. Ce qui ne résout pas entièrement la question de la damnation, si ce n’est, à la suite de Balthasar, en affirmant la nécessité d’« espérer pour tous ». 69 Hans Urs von BALTHASAR : Méditation théologique sur le mystère de la descente à l’enferRevenant sur le sens du Samedi saint, le grand théologien suisse insiste sur le caractère unique de la descente de Jésus jusque dans la géhenne, qui doit offrir au pécheur l’espérance dans l’absolue déréliction que l’Innocent a connue, qui dépasse toute douleur. DOSSIER : CHRISTIANISME, FAIT CULTUREL ? _________84 Certaines données du christianisme demeurent dans la culture sans engagement de foi. Mais une culture qui s’écarterait du christianisme pourrait-elle continuer à n’être qu’une culture sans chercher spontanément à se refonder sur du religieux, quel qu’il soit ? Voici trois approches différentes de ce phénomène. 85 Rémi BRAGUE : Des héritiers sans testament ?La civilisation d’aujourd’hui, au moins en Europe, s’éloigne du christianisme, jusqu’à parfois nier l’évidence du rôle décisif de celui-ci dans la culture occidentale. Celle-ci pourrait-elle se passer du christianisme ? Il est évident qu’il a existé et existe des cultures non-chrétiennes. Cependant, c’est le christianisme, notamment celui de saint Paul, qui a rendu possible la séparation entre les réponses données aux problèmes de base de l’humanité et la religion, et donc l’idée d’une « culture » profane. Sans lui, l’humanité pourrait peut-être accéder à la culture. Mais aurait-elle encore des raisons de continuer à exister ? 97 Jean DUCHESNE : Le culte, fait culturelLes expressions de religiosité étant irrépressibles, il n’existe pas de culture sans culte (même implicite et dégénéré). Mais alors pourquoi la messe n’est-elle plus considérée comme source et sommet cultuel de la vie chrétienne et de la culture d’aujourd’hui en Occident ? D’où quelques questions quant à la qualité de nos liturgies, mais aussi quant à la place du prêtre dans la culture, et plus précisément comme « ministre du culte » ; et un rappel : le christianisme repose d’abord sur des sacrements, des rites et des observances qui imprègnent toute la culture et y répondent à des besoins fondamentaux. 107 Nicolas PEROT : La déchristianisation n’est pas une nouveauté. Chateaubriand et la modernitéL’œuvre de Chateaubriand, largement incomprise, se définit autour de cette conviction très forte que le christianisme est non seulement créateur de culture mais est la vie même de la culture. Tout mourra si l’on refuse de considérer le christianisme comme une vraie culture. Mais tout mourra aussi si l’on renie le christianisme comme la vraie religion. Chateaubriand renverse donc complètement la vision de l’histoire : non seulement le christianisme n’est pas mort, mais il est même l’avenir du monde. SIGNETS _____________________________________ 117 Didier LAROQUE : La chapelle Saint-Nicolas-de-Flüe à WachendorfUne petite chapelle, bâtie avec peu de moyens dans un champ, sans commune mesure avec les édifi ces compliqués, voyants, modernistes qui sont aujourd’hui les plus fêtés, présente, en une émouvante simplicité, un ordre architectural discret et primitif ; elle rend un humble témoignage à l’Amour absolu. 121 Philippe RICHARD : Bernanos, le prêtre, et l’intelligence de la pitiéPour Bernanos, la faiblesse du prêtre n’exprime pas autre chose que sa dépossession en Dieu. Celle-ci peut se manifester en un triple mouvement : colère, efficacité et compassion. C’est sous ces trois aspects que l’auteur développe une analyse fouillée de la figure du prêtre chez Bernanos. 134 Jean Jacques PÉRENNÈS : Brèves réflexions sur le printemps arabe vu du Caire
Les évènements inquiétants qui se déroulent en Égypte depuis ce qu’on a appelé le printemps arabe suscitent des peurs, qui ne sont pas sans fondement. Celles-ci risquent cependant de nous empêcher de voir les avancées réelles en cours dans ce pays. Une lecture plus nuancée, depuis le Caire, invite à se demander si, malgré les apparences, l’on n’est pas en train d’assister à une nouvelle étape d’entrée de ce pays dans la modernité. DOSSIER : LA FAMILLE ________________________________139 La VIIe rencontre mondiale des familles se tiendra à Milan (28 mai-3 juin 2012), sous la présidence du pape Benoît XVI. C’est l’occasion pour notre revue de proposer une réflexion de fond sur le statut du couple homme-femme, sa dimension familiale et son enracinement dans la vie trinitaire. 139 Antonio Maria SICARI : Fonder une famille chrétienneLa dévaluation de la famille ne provient pas seulement des attaques de la société : elle tire aussi son origine de la difficulté que les chrétiens éprouvent à fonder la famille sur une anthropologie spécifique, d’origine biblique, et à en exprimer les principes fondamentaux – amour et procréation, fidélité, parentalité et filiation, virginité et donation – en termes trinitaires. 147 Giorgio MASCHIO : Homme, femme et mariage dans la pensée de saint AmbroiseEn contraste avec une tradition patristique sévère pour le mariage et exaltant la virginité, Ambroise donne un enseignement équilibré, attentif aux paroles du Christ et soucieux de prolonger dans la famille une démarche nuptiale équilibrée entre époux et sanctifiée par la vie chrétienne. 161 Cardinal Angelo SCOLA : Le mystère des noces : pour une théologie systématique ?Peut-on construire une dogmatique à partir du concept de mystère nuptial ? À partir des enseignements de Jean-Paul II, Angelo Scola travaille depuis des années à édifier l’anthropologie trinitaire nécessaire à la mise en place d’une telle dogmatique. La leçon de conclusion qu’il a donnée à l’Université du Latran, au moment de son départ pour le patriarcat de Venise, est la synthèse la plus articulée de ce projet qui situe le couple homme-femme et la famille au centre de la théologie chrétienne, comme le fondement nécessaire pour comprendre tous les autres mystères.
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