20103. Le droit naturel
XXXV, 3 n° 209 mai-juin 2010 dirigé par Vincent Carraud, Jean-Robert ARMOGATHE et Dominique WEBER
N’est-ce pas dans le domaine du droit que l’Église est le plus rétrograde — ou malhonnête ? Ne sait-on pas que tout droit est culturel ? Quelle illusion nous ferait affirmer qu’il y a des principes de justice valables pour tous, partout et en tout temps ?
Pourtant, peut-on se satisfaire du positivisme juridique dominant ? Si la seule existence d’un fait juridique suffit à légitimer le droit, ne faut-il pas conclure que le droit peut être séparé de toute revendication de justice ? Avec le triomphe du relativisme, n’en va-t-il pas de la fin de l’idée même de justice ?
Communio propose, à tout le moins, de reconnaître au droit naturel une fonction critique : non seulement nécessaire pour résister aux injustices et aux abus de pouvoir, mais encore comme étalon de mesure des droits positifs. Éditorial______________________________________________________ Vincent CARRAUD et Dominique WEBER: Le droit naturel : une fonction critique Thème________________________________________________________ Paolo PRODI : Crime et péché. Réflexions sur le rapport entre l’ordre juridique et l’ordre moral dans la tradition occidentale Laurent MAYALI : Le droit naturel chez les canonistes médiévaux Dominique WEBER : Logique et aporie du positivisme juridique. Note sur le débat entre Hans Kelsen et Éric Voegelin Alain SÉRIAUX : Le droit naturel dans la praxis juridique Signets_______________________________________________________ Rémi BRAGUE : Dieu des chrétiens, Dieu des musulmans Jean-Marie Salamito : Intransigeance et ouverture dans le christianisme antique Louis RICHARD : La nation québécoise dans son rapport à la religion Anne SIMONNET : Le cycle d’Élie dans Tu de Pierre Emmanuel Couverture : Le Jugement de Salomon Nicolas Poussin, 1649 © Réunion des musées nationaux Acheter ce numéro
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Saint Augustin « Où donc ces règles sont-elles inscrites ? Où l’âme, même injuste, reconnaît-elle ce qui est juste ? Où voit-elle qu’il faut avoir ce qu’elle-même n’a pas ? Où donc sont-elles inscrites, sinon dans le livre de cette lumière qu’on appelle la Vérité ? C’est là qu’est écrite toute loi juste, c’est de là qu’elle passe dans le coeur de l’homme qui accomplit la justice, non qu’elle émigre en lui, mais elle y pose son empreinte, à la manière d’un sceau qui d’une bague passe à la cire, mais sans quitter la bague. » Saint Augustin, De Trinitate, XIV, XV, 21, BA, t. 16, p. 403 « Une loi qui ne serait pas juste ne serait pas une loi. » Saint Augustin, De libero arbitrio, I, V, 11, PL, t. 32, col. 1227 / BA, t. 6, p. 211
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Écrit par Vincent CARRAUD et Dominique WEBER
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éditorial La première page, 7, est jointe.
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Écrit par Paolo PRODI
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THÈME La distinction en Occident entre la sphère du sacré et celle du pouvoir a permis l’émergence d’un État de droit. Elle a permis aussi le développement de deux normes concurrentes, les normes morales et les normes positives, ainsi que celui de deux instances différentes de jugement des actions des hommes : comme péché ou comme infraction. Aujourd’hui, l’État de droit touche peut-être à sa fin, dans la mesure où ce dualisme des normes s’efface, et que nous perdons, dans notre conscience collective, le sens de la distinction entre le péché et le délit. La première page, 19, est jointe.
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Écrit par Laurent MAYALI
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Depuis le Décret de Gratien – compilation critique des sources du droit de l’Église (1140) –, tous les juristes médiévaux du XIIe et XIIIe siècle ont distingué, pour régir le genre humain, le droit naturel et les moeurs, soulignant la primauté du premier dont s’inspirent et découlent les lois séculières et ecclésiastiques. Mais chacun a approfondi cette notion de droit naturel et l’a précisée selon de multiples acceptions. Il en a surgi certaines contradictions, et les juristes, pour les surmonter, se sont alors tournés vers la théologie de saint Thomas. La première page, 35, est jointe.
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