19935. Conscience ou consensus
XVIII,5 - n°109, septembre-octobre 1993 La conscience est en tout homme le lieu d’une liberté qui n’est pas l’arbitraire mais la compréhension du bien à l’épreuve des cas particuliers. Ce pouvoir de discernement n’est pas tout fait. Il doit être formé, mais peut toujours l’être grâce à l’expérience du bien et de la Révélation. En se révoltant contre le fait établi, la conscience renouvelle la société. Elle peut alors fonder un consensus qui ne soit pas seulement celui du moindre mal. Acheter ce numéro
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Écrit par Marie-Christine GILLET-CHALLIOL
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Éditorial La conscience est un principe commun à tous les hommes. Mais, pour le chrétien elle est la vie la plus intime de l'Esprit en l'homme. Elle est alors au coeur de l'action morale, et dépasse la prétendue opposition du droit et de la morale : la conscience est le pouvoir d'incarner les principes à l'épreuve de cas particuliers. Elle n'est ni une loi abstraite, ni une subjectivité vague. La première page, 5, est jointe.
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Écrit par Olivier O'DONOVAN
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Questions : La conscience au coeur de la morale Une éthique fondée sur l'Évangile a sa source dans la résurrection du Christ, qui sauve toute la création. Notre action doit s'appuyer sur l'ordre objectif du créé : éviter aussi bien la tentation d'Adam, celle de prétendre créer nos propres lois, que l'obéissance figée à des commandements divins privés de leur contexte. Nous pourrons alors dépasser l'antithèse de la loi et de la liberté, appliquer tout l'Évangile, grâce à la charité.
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Écrit par Servais PINCKAERS
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Que veut dire saint Thomas, lorsqu'il affirme qu'il faut toujours suivre sa conscience, même erronée ? Souvent mal interprétée, l'invocation de la conscience contre la loi risque de favoriser la conviction personnelle au détriment de la morale. L'auteur rappelle les fondements de la doctrine de saint Thomas : si la conscience peut être erronée, sa source, la syndérèse, sens naturel et infaillible du bien et du mal, nous conduira toujours vers la vérité.
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Écrit par Reinhard LOW
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Pour le chrétien, la conscience est un juste milieu entre deux interprétations : déterministe (la conscience ne fait qu'intérioriser des fonctions naturelles), et subjective (entendue comme autonomie absolue). Toutes deux ignorent que la conscience est l'exigence d'un bien en soi, et non seulement de règles de conduite toutes faites, ou du bien pour moi. Elle est aussi une disposition, à éduquer et à développer, qui sera alors un indicateur précieux de la rectitude morale de nos actions.
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Écrit par Stéphane ROBILLIARD
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Arguments : Y a-t-il une éducation de la conscience ? La conscience doit apprendre le discernement, mais celui-ci n'est possible que s'il découle de la reconnaissance de ce qui nous fait être. Le bonheur de voir en autrui cette adéquation que nous recherchons est un moment essentiel, qui permet à la conscience d'échapper à la pure subjectivité. Mais le témoignage n'a de valeur que s'il est reconnu, et non s'il s'impose. C'est en ce sens qu'il faut penser la neutralité de l'enseignant vis-à-vis de ses élèves.
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