19976. La Prudence
XXII, 6 - n°134 novembre-décembre 1997 Etre prudent dans le langage courant, c’est regarder devant soi, éviter les dangers.
Les philosophes y voient le bon usage de l’intelligence dans la vie concrète, quand elle choisit les moyens les plus efficaces d’atteindre une fin bonne. Le chrétien lui aussi est "prudent". Lui aussi regarde devant soi : vers tout ce qui, dans le monde, annonce le retour glorieux du Christ. Il sait que Celui-ci est déjà venu, apportant tout ce que Dieu avait à dire au monde ; Il n’attend donc de l’histoire rien de plus que ce qu’elle peut apporter. Il sait aussi choisir les moyens les plus habiles. Mais il les met au service d’une seule fin : faire avancerle royaume de Dieu. Pour ce prix, il sait tout risquer. D’où ce mélange d’imprévoyance et de confiance en la providence qui constitue la prudence chrétienne.
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Écrit par Communio
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Sienne, Palais public, Salle de la paix: le bon gouvernement (détail: la prudence) fresque d'Ambrogio Lorenzetti (1337 à 1343)
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Écrit par Communio
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| Aussi, souhaitons‑nous ardemment de voir s'enraciner profondément dans les âmes de tous la prudence que saint Paul appelle la prudence de l'esprit. Dans le gouvernement des actions humaines, cette vertu nous apprend à garder un admirable tempérament entre la lâcheté, qui porte à la crainte et au désespoir, et une présomptueuse témérité. Léon XIII, Encyclique Sapiential Christianal, 10 janvier 1890, § 47. |
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Écrit par Rémi BRAGUE
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éditorialPour le philosophe, la prudence est un bon usage de l'intelligence dans la vie concrète. Le chrétien est lui aussi un homme prudent, il sait choisir les moyens les plus appropriés, mais il les met au service de la seule fin qui compte: faire avancer le Royaume de Dieu. La première page, 5, est jointe.
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Écrit par Roland HUREAUX
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Le sens que la théologie morale donne à la prudence n'a qu'un lointain rapport avec celui que ce mot a pris dans l'usage. Cet écart pourrait être l'effet d'une contamination, non seulement des mots, mais des comportements de l'église par un modèle bureaucratique partout présent dans les sociétés organisées et dont le fonctionnement repose sur une certaine forme de prudence pratique aux nombreux effets pervers: la prudence du scribe. Seule une critique de ce modèle permet le retour à l'authentique vertu de prudence, conforme à l'évangile.
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Écrit par Giulio SODANO
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En quoi consiste la prudence des saints ? Quelques exemples tirés des XVII et XVIIIe siècles illustrent la diversité des domaines où elle s'exerce: direction d'ordres religieux, formation des novices, conseils pratiques et spirituels. Si cette prudence semble parfois se rapprocher d'un certain opportunisme, elle demeure cependant fondée sur un abandon total à la volonté de Dieu.
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