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20074009. Incarnation et poésie Imprimer Envoyer
Écrit par PIGUET Patrick   

éditorial

Si le christianisme est la religion de l'incarnation, de la parole faite chair, la poésie a un lien particulier avec cette religion. Des Psaumes aux hymnes médiévales, des poèmes baroques à ceux du vingt et unième siècle, l'œuvre poétique témoigne d'un salut déjà donné, - toujours à chercher, aussi. Pour en faire entrevoir la merveille, l'humanité doit explorer de nouveaux territoires du langage.

La première page, 9, est jointe.

ON reconnaît souvent au christianisme le mérite d’avoir été la religion de l’incarnation. Ainsi, Yves Bonnefoy rappelle dans des propos récents que « la religion d’un dieu qui est mort sous Ponce Pilate a ceci de fort qu’elle a pour intuition essentielle que ce qui vaut, c’est la personne en son instant et son lieu.

(...) Cette intuition, c’est pleinement la désignation de la finitude. [[L’Imaginaire métaphysique, Éditions du Seuil, 2006, p. 69.]] » Et le poète de plaider pour une poésie de l’incarnation qui soit à l’écoute de ce que montrent « les choses d’ici » mais aussi, à l’intérieur de soi, de « ces craquements qui désagrègent les pensées ajointées par l’espérance.[[Les Planches courbes, Mercure de France, 2001, p. 76.]] »

 

Cette incarnation est-elle encore chrétienne ? Interrogé à ce sujet, le poète a répondu que chez lui l’incarnation était « la transfiguration du divin par l’humanité », l’opposant au christianisme où « la divinité transfigurait l’humanité » [[Propos tenus lors du colloque de Cerisy en août 2006.]]. Derrière cette opposition schématique se dessine une valorisation de la finitude comme l’absolu paradoxal de notre condition. La parole poétique aurait alors pour tâche de dire l’aura immanente du réel dont la finitude est l’ultime vérité. Concevoir son dépassement,

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